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Maxime N’Débéka, poète congolais engagé

Publiée le: 20-03-2018

Condamné pour ses écrits et réhabilité ministre de la Culture, il participe à la soirée poésie, pour la Semaine francophone.

Trois questions à…

Maxime N’Débéka, poète.

Quel genre de poète êtes-vous ?

Je suis né en 1944, à Brazzaville. Dès le plus jeune âge, je me suis intéressé aux arts. En classe de 4e, j’ai eu un déclic en découvrant la poésie française. J’ai ressenti la même émotion que lorsque ma grand-mère me contait des histoires.

J’ai dévoré les grands auteurs comme Baudelaire ou Ronsard. Mais j’avais le sentiment que les poètes étaient des gens toujours vieux ou morts, alors je me suis mis à écrire pour mon temps.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jusqu’en 1966, j’ai publié plusieurs recueils, dont Poèmes maigres et aigres,qui m’ont catalogué de poète militant. Au départ, ma poésie exprimait le désenchantement, mais, dans le contexte politique où je vivais, elle montrait une impuissance à changer les choses.

Comment le poète « indésirable » est-il devenu ministre ?

Ma popularité m’a encouragé à organiser un festival comme dirigeant culturel, puis à créer le département des affaires culturelles de Brazzaville, où j’ai été directeur général de 1968 à 1972. Une période où j’ai beaucoup écrit, mené des interviews et participé à des groupes politiques.

Certains textes m’ont valu d’être condamné à mort, puis assigné à résidence, jusqu’en 1975, et exilé politique en France, jusqu’en 1994. Réhabilité ministre de la Culture à Brazzaville, j’ai repris parallèlement mon métier d’ingénieur pour lequel j’avais été formé initialement.

Un répit de courte durée, puisqu’en 1997 la guerre civile m’a repoussé aux frontières du Congo. J’ai pu rentrer définitivement en France sous la protection de Jacques Lang, en 1999, pour y vivre ma retraite.

Qu’allez-vous présenter le 21 mars, Journée mondiale de la poésie ?

J’ai prévu de raconter mon parcours de vie, très chaotique, au cours duquel j’ai eu le temps d’écrire, malgré tout, douze ouvrages (roman, poésie, théâtre, nouvelles).

Je présenterai également un montage de textes poétiques, dont certains seront lus par des récitants. Et bien sûr, j’insisterai sur le texte, jugé révolutionnaire, et qui m’a valu une condamnation d’être à mort.

Mercredi 21 mars, à 20 h 30, à l’auditorium Stéphan-Bouttet. Tarif : 10 €. Gratuit pour les moins de 16 ans.

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