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Les Personnages

À l'origine du mot "Francophonie"

C’est au géographe français Onésime Reclus (1837-1916) que l’on doit l’invention du mot « francophone ».
Il apparaît pour la première fois dans un ouvrage intitulé « France, Algérie et colonies » publié en 1880.

À la page 422, l’auteur écrit : « Nous acceptons comme francophones tous ceux qui sont ou semblent destinés à rester ou à devenir participants de notre langue : Bretons et Basques de France, Arabes et Berbères du Tell dont nous sommes déjà les maîtres… ». À cette date, Onésime Reclus estimait ces « francophones » à plus de 47 millions de locuteurs dans le monde.


Tombé dans l’oubli, le mot « francophonie » réapparaît en 1962 dans un numéro spécial de la revue « Esprit » intitulé « Le Français, langue vivante ».

Les « Pères Fondateurs » de la Francophonie

Léopold Sédar Senghor (1906-2001)

Léopold Sédar Senghor est né le 9 octobre 1906 à Joal au Sénégal et mort le 20 décembre 2001 à Verson en Normandie.

« C’est un poète, écrivain, homme d’État français puis sénégalais et premier président de la République du Sénégal (1960-1980) et il fut aussi le premier Africain à siéger à l'Académie française. Il a également été ministre en France avant l'indépendance de son pays ». (Wikipedia).

« On dit de lui qu’il fut le précurseur et le plus ardent défenseur de la cause francophone ». Élu tout premier président du Sénégal en 1960, il pousse l’idée de construire une communauté de nations francophones, où se prolongeront les accords entre la France et les États africains francophones, par l’entremise d’accords multilatéraux cette fois plutôt que bilatéraux.

« L’idée m’est venue, je crois, en 1955, lorsque, secrétaire d'État à la présidence du Conseil dans le Gouvernement Edgar Faure, j'étais chargé de la révision du titre VIII de la Constitution, relatif aux départements, territoires d'outre-mer et protectorats. J'eus, alors, l'occasion de m'en entretenir avec Habib Bourguiba, qui était en résidence surveillée en France. C'est de là que datent notre amitié et notre coopération. Il s'agissait, comme je l'ai dit en son temps, d'élaborer, puis d'édifier un “Commonwealth à la française”. » Léopold Sédar Senghor, discours de réception à l'Académie des sciences d'outre-mer, 2 octobre 1981.

Hamani Diori (1916-1989)

Hamani Diori est né le 6 juin 1916 à Soudouré, un village proche de Niamey, la capitale du Niger. Il est mort le 23 avril 1989 à Rabat (Maroc).

Fondateur du Parti progressiste nigérien en 1946, il sera élu député, représentant du Niger, à l’Assemblée nationale française. À l’origine du Rassemblement démocratique africain (RDA), avec entre autres Félix Houphouët-Boigny, il devient vice-président du Niger en 1957, président du Conseil des ministres en 1958 et premier Président de la République du Niger indépendant le 9 novembre 1960.

Considéré comme le deuxième « père fondateur » de la francophonie. En effet, en 1966, avec son homologue sénégalais Léopold Sédar Senghor, il est mandaté par l’Organisation commune africaine et malgache (OCAM), réunie à Tananarive, pour convaincre les autres pays francophones d’Afrique de participer à des projets de coopération culturelle et économique.

Il est et restera un promoteur actif de la Francophonie, avec peut-être un peu plus de pragmatisme que Senghor. Sous sa présidence et dans la capitale nigérienne, l’OCAM, la deuxième conférence intergouvernementale des États francophones (21 pays participant) aboutissent à la création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) à l’origine de la future Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).

Habib Bourguiba (1903-2000)

Habib Bourguiba est né le 3 août 1903. Il est mort le 6 avril 2000 à Monastir sur la côte orientale de la Tunisie.

Il fait ses études à Paris et devient avocat. À son retour en Tunisie, il devient le principal artisan de l’indépendance de la République tunisienne dont il deviendra le premier Président le 25 juillet 1957, après l’abolition de la monarchie.

Son action politique contre la colonisation française lui vaut plusieurs arrestations et une résidence sous surveillance à Paris. C’est à cette époque qu’il fera la connaissance de Léopold Sédar Senghor, deviendra son ami et principal soutien dans son approche du “Commonwealth à la française”.

Il se fait l’actif ambassadeur de la Francophonie, notamment en Afrique et au Moyen-Orient en 1965 et au Québec en 1968. Pour lui, la francophonie représentait surtout une porte vers la modernité qu’il souhaitait pour son pays, la Tunisie, avec entre autres des valeurs favorisant une éducation pour tous et l’émancipation des femmes.

Norodom Sihanouk (1922-2012)

Norodom Sihanouk est né le 31 octobre 1922 à Phnom Penh. Il est mort le 15 octobre 2012 à Pékin.

Installé sur le trône du Cambodge par les Français en 1941, il obtient douze ans plus tard l’indépendance de son pays, sans effusion de sang. « Il a été tour à tour et parfois simultanément roi, premier ministre, « chef d'État » du royaume, animateur de plusieurs gouvernements en exil, puis à nouveau roi. » (Wikipédia). Francophile dans l’âme, il a appuyé le mouvement francophone dès les premières années. Tout comme Senghor, il veut aller plus loin en créant une communauté politique avec des sommets réunissant les chefs d’État et de gouvernement, afin d’avoir plus de poids sur la scène internationale. Senghor n’aura de cesse d’évoquer ce soutien du roi.

Dans la revue « Esprit » parue en novembre 1962, il écrit : « On n’ignore pas, du reste dans les cercles intellectuels où circule « Esprit », que le Cambodge occupe une place honorable parmi les pays francophones, et qu’il pourrait être, si la France le voulait et consentait pour cela les quelques sacrifices nécessaires, le « sanctuaire » de la culture française en Asie. L’influence d’un pays, de nos jours, est étroitement liée à son rayonnement culturel. »

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